Exploiter les connaissances locales
Photo:
Les catastrophes quotidiennes sont complexes. Des informations précieuses à leur sujet sont souvent trouvées au niveau local auprès des communautés et des OSC locales qui travaillent avec elles. L’organisation et la communication de ces informations constituent une première étape importante pour l’action. Les relations avec les acteurs extérieurs qui ont une compréhension limitée des contextes locaux doivent être gérées avec soin, en veillant à ce que les voix locales soient entendues.
Les catastrophes quotidiennes ne font généralement pas la une des journaux. Non seulement elles sont moins médiatisées, mais elles sont moins bien comprises que les catastrophes intensives. Les ‘experts’ sont souvent les personnes qui en font l’expérience – les populations locales et les OSC locales. Par exemple, en République du Congo, après la fin de la guerre civile en 2017, la plateforme CCOD a dressé le bilan suivant : ‘Nous vivons encore avec les conséquences : maisons cassées, pillages et activités économiques détruites, etc. Sans compter les maladies qui se sont développées, les décès, les arrestations, etc. Donc, en gros, ces deux types [de catastrophes] dites naturelles et humaines sont toujours là, mais elles sont aggravées par le changement climatique et d’autres conflits. Cela entraîne des problèmes de pauvreté et de chômage.’
Dans des situations de danger complexes et multiples comme celle-ci, des connaissances locales détaillées sont essentielles pour comprendre comment soutenir la réduction des risques, la réponse et le rétablissement.
Les organisations membres de GNDR recueillent des données dans les études Vues du Front ce qui ‘vous permet non seulement de participer à l’enquête sur les personnes âgées, les familles et les communautés à risque, mais aussi de lancer des plans d’action locaux pour aider les communautés et mieux plaidoyer en leur faveur auprès des départements ministériels. Cela vous permet d’avoir une idée des attitudes qui peuvent contribuer à renforcer la résilience de la communauté. . . Vous pouvez organiser de nombreuses activités pour rappeler aux autorités publiques leur rôle pour assurer la sécurité des citoyens.’
En plus des consultations locales, le renforcement des institutions locales permet aux gens d’exprimer leurs besoins et leurs priorités. Par exemple, en Ouganda, DENIVA a soutenu la création d’Assemblées de quartier (ou parlements communautaires). Celles-ci permettent aux gens d’exprimer leurs besoins et leurs priorités et de les communiquer aux institutions concernées, en les appelant à agir. En Colombie, CCONG a créé les ‘Consejos de Gestión del Riesgo’ (conseils de gestion des risques). Ceux-ci créent leurs propres plans d’action pour leur territoire.
Un moyen important pour les plateformes d’OSC de renforcer l’accès aux connaissances locales consiste en les communiquer aux acteurs externes, qui ont souvent une compréhension limitée des besoins et des priorités locales. Par exemple, dans les bidonvilles de Dhaka, l’OSC locale PDAP a travaillé en étroite collaboration avec les communautés, mais elle a constaté que les partenaires extérieurs arrivent munis de programmes à court terme, axés sur des projets qui ne sont pas adaptés aux besoins locaux. Elle a constaté que les relations à long terme fondées sur un partenariat égalitaire sont plus efficaces. La PNO bangladais, NAHAB, travaille également – sous la bannière de la localisation – à l’établissement de partenariats locaux, afin que lorsque des acteurs internationaux sont impliqués, la relation soit sur un pied d’égalité.
Exploiter les connaissances locales : Actions
- Les consultations participatives locales, telles que Vues du Front, peuvent être utilisées pour recueillir les connaissances et les priorités locales concernant les catastrophes quotidiennes complexes.
- La création d’institutions locales, telles que les ‘Assemblées de quartier’, permet aux gens de partager et de communiquer leurs besoins et leurs priorités.
- Les relations avec les acteurs extérieurs, tels que le gouvernement et les ONGI, doivent être gérées avec soin afin que les connaissances locales soient respectées et utilisées comme base d’action, en veillant à ce que les informations soient crédibles pour les acteurs gouvernementaux grâce à des activités rigoureuses de collecte et d’analyse d’information.
Voir l’Etude de cas n° 2 pour un exemple d’exploiter les connaissances locales.
Étude de cas n°2 – Bangladesh : Répondre aux catastrophes quotidiennes