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Coordination et communication en cas de crise

Photo: Both Nomads

La coordination et les communications doivent être développées par les Plateformes Nationales d’OSC (PNO) avant les crises, en veillant à ce qu’elles soient reconnues par les gouvernements et les acteurs internationaux. Les possibilités de communication et d’influence, par exemple via les médias, doivent également être exploitées. En cas de catastrophe, cette préparation doit être complétée par des solutions techniques afin de garantir que les communications ne soient pas interrompues. Les communautés elles-mêmes devraient toujours être incluses dans les communications et les orientations.

La coordination et la communication avant une catastrophe sont importantes pour garantir que les évaluations, la réduction des risques et la préparation soient basées sur une connaissance précise des risques, des vulnérabilités et des dangers. Elles sont essentielles en cas de crise pour coordonner les nombreux acteurs différents, pour assurer une réponse et un soutien efficaces et pour informer les populations touchées.

Communications avant les catastrophes

CCONG, en Colombie, met en relation les OSC membres avec les besoins de la population de cette région. Cette confédération coordonne également les actions de ces organisations avec les autorités locales. Si Alors que le gouvernement national souhaite généralement centraliser l’utilisation des fonds, sans informations locales, cela ne peut pas se faire de manière efficace. PREDES, au Pérou, promeut des plateformes de dialogue pour la gestion des risques de catastrophes, avec le gouvernement local et la population, où les problèmes sont discutés et où des décisions et des engagements sont pris en fonction du rôle de chaque acteur dans la gestion des risques de catastrophes. Certaines PNO et organisations membres font bon usage des médias, tant locaux que nationaux, pour communiquer les besoins des communautés confrontées à des catastrophes. L’OSC pakistanaise Pattan a fait appel à la presse locale pour faire pression en faveur d’une action contre les inondations, et au niveau national pour mener un plaidoyer en faveur de changements dans la politique et la pratique en matière de catastrophes.

Communications lors de catastrophes

Le renforcement de la coordination et des communications prépare le terrain pour la réponse aux crises. L’expérience de nombreuses OSC participant à ce projet montre à quel point cela peut être problématique. Au début de la pandémie de coronavirus, en mars et avril 2020, beaucoup d’entre elles n’ont pas pu communiquer efficacement, car leur personnel était confiné, sans accès à des télécommunications fiables ou à l’internet. Ces canaux peuvent ne pas être solides en cas de catastrophe. Par exemple, à Katmandou, au Népal, les tours de transmission des réseaux mobiles sont souvent installées sur des bâtiments qui sont susceptibles de s’effondrer en cas de tremblement de terre. L’OSC NSET au Népal a développé une expertise dans l’utilisation des communications radio en cas de crise pour pallier ce problème. Dans d’autres cas, la radio locale et les SMS se sont révélés d’une valeur inestimable, comme par exemple lors du tremblement de terre de 2010 en Haïti. Si les PNO ne possèdent pas elles-mêmes l’expertise technique nécessaire pour assurer une bonne utilisation de ces canaux de communication, elles peuvent compter parmi leurs membres des OSC qui elles l’ont. Il existe des organisations spécialisées qui peuvent fournir des connaissances et un soutien, par exemple la CDAC (http://www.cdacnetwork.org/).

 

Les OSC ont une responsabilité particulière pour atteindre et soutenir le ‘dernier kilomètre’1. Comme le souligne la plateforme indienne VANI, dans toute catastrophe de grande ampleur, ce sont les populations locales et les OSC locales qui sont les premiers répondants. Le rôle de la plateforme est d’établir des communications entre les groupes locaux et les agences extérieures, y compris les agences gouvernementales et internationales. NFN, au Népal, joue un rôle similaire, en cernant les besoins avec ses organisations membres et en partageant les informations avec le gouvernement pour obtenir un soutien. Au Honduras, ASONOG met l’accent sur la communication participative avec les communautés avant, pendant et après une crise.  

 

Les OSC et les plateformes qui ont connu des crises ont souvent des difficultés à faire face à la prolifération des efforts gouvernementaux et internationaux. Le responsable de la plateforme GNDR, l’AFAD, décrit le problème au Mali : ‘Trop souvent, les ONG internationales saisissent l’aide sans impliquer les structures locales, ni les ONG techniques ni les ONG locales, et agissent directement. Cela ne profite pas aux ONG locales, qui peuvent apporter un soutien local parce qu’elles sont plus proches des communautés, connaissant les réalités.’ Les plateformes jouent un rôle important pour forger des relations leur permettant de parvenir à une collaboration plutôt qu’une concurrence. VANI, en Inde, cite l’exemple d’un cyclone au Kerala, où les OSC locales ont été les premiers répondants. Lorsque l’ampleur de la catastrophe a conduit à une réponse internationale, VANI a négocié des liens entre les OSC locales et les ONGI, ainsi qu’avec les fonctions RSE (responsabilité sociale des entreprises) des grandes entreprises qui souhaitaient apporter leur soutien. Une importante étude sur les ONGI menée par le réseau START a identifié des méthodes pour renforcer les capacités nationales,2 notamment :

  1. Le renforcement des capacités des ONG nationales à diriger la réponse – en remplaçant la réponse internationale par une réponse massive nationale – par la création de consortiums humanitaires d’OSC au niveau national, tels que DPNet au Népal et le Consortium de réponse humanitaire aux Philippines (HRCP).
  2. Travailler en collaboration pour transformer l’intervention d’urgence en un partenariat des ONGI travaillant avec les PNO et les consortiums d’OSC. Par exemple, aux Philippines, un fichier identifiant à la fois les organisations nationales et internationales capables d’une réponse de crise est en cours d’élaboration.
 

Coordination et communication en cas de crise : Actions

  • Veillez à ce que de bonnes communications sur les connaissances, les besoins, les priorités et les vulnérabilités locales soient recueillies par l’intermédiaire de vos membres.
  • Assurez de bonnes voies de communication avec les autorités locales, régionales et nationales pour partager ces informations et obtenir une réponse.
  • Utilisez les médias pour informer, faire campagne et plaidoyer en faveur d’une réduction efficace des risques de catastrophe et de la préparation aux catastrophes.
  • Auditez les canaux de communication utilisés par les plateformes et leurs membres pour évaluer s’ils sont solides en cas de catastrophe. Si ce n’est pas le cas, mettez en place des solutions techniques alternatives.
  • Assurez des moyens efficaces de communication vers et depuis les populations touchées qui se trouvent au ‘dernier kilomètre’.
  • Établissez des relations avec le gouvernement, les ONGI et autres acteurs en vue de préparer la réponse à la crise.
  • Plaidez pour une réponse aux crises menée au niveau national et local, conformément aux principes de localisation, afin de garantir que la réponse soit appropriée et ciblée.